Tout au long de sa vie, Wiertz a souvent changé sa façon de peindre ses toiles. Ses premières peintures représentant des paysages pré-impressionnistes et de jolies scènes de genre italianisantes sont bien différantes des scènes morbides, bourrées de symbolisme qui caractérisent si bien les plus grandes oeuvres de Wiertz. Partant de la peinture jusqu'à l'oeuvre littéraire, Wiertz produisit un grand nombre de dessins, de peintures, de sculptures et de textes, bien que la peinture fut son médium préféré.
Parce qu'il n'était jamais satisfait
de la peinture à l'huile (à cause des zones de brillance
que l'huile crée sur les toiles) son esprit inventif le poussa à
créer une nouvelle manière de peindre. Il nomma cette
technique le procédé de «peinture mate».
Son but en créant cette peinture était de combiner l'avantage
et la souplesse de la peinture à l'huile ainsi que les qualités
de rapidité et de matité inhérentes à la fresque.
Antoine mélangeait, à cet effet, des couleurs à la
térébenthine, de l'essence et même de l'alcool. Ces
mélanges, dans des proportions diverses, étaient appliqués
sur de la toile écrue, c'est-à-dire sans couche de préparation.
Il essaya pour la première fois ce procédé entre 1844
et 1845. Malheureusement, ces mélanges chimiques rongent peu à
peu les toiles, dont certaines se sont fortement et presque irrévocablement
dégradées au cours des ans. D'après Brita Velghe,
Conservateur du Musée Wiertz, on pourrait stabiliser cette dégradation
dans une certaine mesure, si on est prêt à payer le prix...
