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2-Ses études à Anvers 3-Sa carrière artistique 4-Sa haine envers la critique 5-Un atelier pour Wiertz, un Musée pour l'état 6-Les dernières années de sa vie |
Antoine Wiertz, il faut l'admettre,
ne fut pas un artiste dont le génie et la créativité
ont été reconnu dans le monde entier. Malgré
tout, cet artiste mérite une attention toute particulière
en ce qui concerne son attitude et ses idéologies. Voici un résumé
de la vie de ce mystérieux artiste.
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(musée Wiertz, Bruxelle) |
Antoine Joseph Wiertz est né à Dinan le 24 février 1806. Il y a bien peu d'ouvrages qui portent sur l'enfance de Wiertz. Toutefois, on raconterait qu'à l'âge de quatre ans, Antoine était constamment occupé à la production d'oeuvres artistiques et littéraires. Ayant vue les talents de son fils, le père de Wiertz, un coiffeur pour homme, aurait forcé Antoine à suivre des cours de dessin, de musique et de grammaire. Plus tard, vers l'age de 12 ans, on prétend qu'il aurait réinventé l'art de sculpter le bois sans que personne ne lui ait montré comment procéder. Il avait déjà compris, à cet âge, qu'il devait suivre son imagination et ses aspirations pour accroître son talent artistique.
Un des évènements importants,
dans la carrière et la vie de Wiertz, fut le jour ou le propriétaire
du cabaret de son village natale lui demanda de lui rendre
service. Il lui demanda de peindre un cheval noir sur un panneau indicateur
pour son entreprise. Le succès incroyable qu'a connu son simple
panneau dans le village poussa Wiertz à se consacrer à la
peinture à l'huile. C'est alors qu'il promit solennellement,
à l'âge de quatorze ans qu'il allait imprégner son
nom dans l'histoire en devenant un des meilleurs peintres des Pays-Bas.
Alors qu'il vieillissait, il prit la décision de faire ses études
d'art à Anvers, la ville natale de Rubens. Une idée,
racontait-il, qu'il avait eue lors d'une de ses multiples visions nocturnes.
Par contre, il ne faut pas cacher que Rubens, à cause de son image
de héros national artistique belge, obsédait Wiertz jour
et nuit.
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| Death mask of
Wiertz (musée Wiertz, Bruxelle) |
C'est alors qu'il débuta ses
études à Anvers en 1820 sous la direction de Van Brée.
Il vivait dans une pièce mesurant 15 par 8 pieds, qui ressemblait
à un corridor sans foyer, qui lui servait de maison et de studio.
Parfois l'hiver, il se réveillait le matin, après avoir investi
la moitié de la nuit, comme d'habitude, à travailler ou à
peindre, la barbe complètement gelée et lui-même à
moitié engourdi par le froid. Il vécut dans ces conditions
pendant plusieurs années. Malgré tous ces sacrifices,
il était de plus en plus motivé. Ses ambitions ne consistaient
plus uniquement en devenir un second Rubens. Il avait désormais
l'ambition d'égaler les talents de Michalel Angelo en sculpture,
de Corneille en littérature et de Mozart en musique, ce qui est
totalement irréalisable pour un seul homme. C'est seulement
après qu'il fut malade d'épuisement, à cause qu'il
s'était attribué une charge de travail trop grande (il faut
avouer que son état mental qui parfois était un peu instable
n'aidait pas la situation...), qu'il se résigna à se concentrer
sur le médium de la peinture à l'huile. Parce qu'il
faut l'admettre, cet artiste n'était pas seulement un peintre mais
aussi un sculpteur, un dessinateur, un écrivain, un philosophe et
un musicien hors paire. Selon des sources vagues, on raconte qu'un
prestigieux professeur de musique d'Anvers, en entendant Antoine jouer
de la musique dans sa chambre, a offert à Wiertz non seulement ses
services gratuitement mais de plus, il lui offrit de le payer pour
qu'il soit son élève. Wiertz aurait refusé cette offre,
ayant dédié sa vie à la peinture. Déjà
à cette époque, Wiertz essayait de synthétiser tous
ses autres talents artistiques à travers la peinture. Il
finit ses études en 1828 (deux ans avant que la Belgique devienne
indépendante) après avoir reproduit plusieurs toiles de Rubens.
Finalement, après des années de dur labeur à étudier, son mode de vie extrêmement strict attira l'attention des amateurs de peintures qui commencèrent à lui faire des offres alléchantes pour certaines des ses oeuvres. Mais Antoine, toujours fidèle à ses principes, ne vendait jamais ses toiles et répondait presque toujours aux intéressés en utilisant cette phrase célèbre: «Garde ton or, c'est la mort de l'artiste» et dans le cas de ses plus grandes oeuvres, comme, par exemple, son «Triomphe du Christ», (énorme peinture de 11 mètres de large exposée en 1848 et qui attirait les foules en Belgique. Les gouvernements russes et prussiens voulait à tout prix se l'approprier parce qu'ils voyaient, à travers la furie apocalyptique exprimée par la peinture, un avertissement quant aux conséquences de la révolution.) pour lequel il eut une offre de 300 000 francs, il répondait qu'il ne voulait pas les vendre car il désirait faire des retouches sur ses peintures plus tard, lorsqu'il découvrirait des imperfections.
Antoine Wiertz,
alors remplit d'ambitions, se rendit à Rome pour participer à
son fameux concours où il arriva en deuxième place.
Après quelques temps, lorsque le gouvernement belge découvrit
le génie de Wiertz, il décida de lui fournir une pension
annuelle de cent florins. Cette somme plus que satisfaisante, permit
à Wiertz de visiter Paris(1829-1832) et de parcourir ses innombrables
et prestigieux musées, en plus de retirer d'enrichissantes réflexions
en observant la vie humaine qui peuplait cette ville. Le point marquant
de sa carrière fut après son séjour à Paris,
alors qu'il se présenta une seconde fois au concours pour le prix
de Rome où, cette fois, il obtint le premier prix. Après
avoir remporté ce prestigieux prix, il s'en alla vivre à
Rome (1834-1837) où il réalisa des portraits et esquisses
et peignit sa première oeuvre monumentale, «Les Grecs et
les Troyens se disputent le corps de Patrocle» (1836) qui remporta
un énorme succès à Rome.
Par contre, Wiertz, une fois la toile terminée, alla la présenter devant l'Académie d'Anvers et l'apporta dans sa ville natale. La toile qui avait été acclamée à Rome faisait alors l'objet d'opinons contradictoires à l'Académie. Antoine sentait avec évidence qu'il y avait des traces de jalousie de la part des autres artistes. Cette jalousie se traduisit en différentes critiques négatives de la presse à son sujet. Pour prendre sa revanche, il écrivit une brochure sur la critique qu'il intitula «Est-ce que la critique est possible dans l'art?» dans laquelle il écrivit que puisqu'il n'y a pas de code universel pour reconnaître la beauté, la critique d'art n'est pas cohérente; il en découle que les artistes devraient suivrent leurs inspirations sans se laisser influencer par le conventionnalisme. À partir de ce moment il vivra à Liège avec sa mère (1837). Peu de temps après la publication de sa brochure, il écrivit un autre texte intitulé «Éloge de Rubens» qui eut un grand succès et qui prouva qu'Antoine pouvait être aussi bon peintre qu'écrivain.
Son dégoût pour la critique ne put que s'accroître lorsque son Patrocle, alors qu'il était exposé au salon de Paris en 1839, fut raillé par la critique française. Cette fois, sa vengeance fut encore pire: il emprunta une peinture de Ruben, un artiste extrêmement talentueux, à un de ses amis qui en possédait une et l'envoya à Paris pour se faire juger. Par contre, il avait eu bien soin de signer son nom en bas du tableau et lorsque la critique française vit cette signature, elle ne se gêna pas de déclarer que cette peinture ne valait rien parce qu'elle était ratée. Wiertz put alors ridiculiser facilement cette critique incohérente. Malgé cette incroyable mésaventure, Wiertz reçut en 1839 une médaille au salon de Bruxelle.
*** Au sujet de l'influence
de ses idées sur ses oeuvres, vous lirez l'inscription en haut à
gauche de la tête sur l'auto-portrait de Wiertz à la page
couverture de mon site...***
Entre 1844 et 1845, il réalisa
une seconde version de son Patrocle. Après le décès
de sa mère, en 1844, Wiertz s'établit à Bruxelles.
c'est alors qu'il partit habiter un atelier sur le Boulevard du Midi, dans
le quartier populaire des Marolles. C'est à cet endroit qu'il
réalise, en 1847, sa Belle Rosine. À partir de 1850,
Wiertz commença à réaliser des toiles à connotation
sociale ou philosophique. Durant cette année, il eu l'occasion
de discuter avec le gouvernement belge pour conclure une affaire.
Si ce dernier acceptait de construire un atelier pour Antoine, sur les
plans du temple de Paestum, Wiertz léguerait, à sa mort,
toutes ses oeuvres à l'état qui pourrait en faire un musée.
Il put, dans cet atelier, continuer de peindre de plus en plus de tableaux
et exploiter son talent de sculpteur qu'il avait tant négligé.
Son dernier texte portait sur une description des différentes écoles d'art français. Antoine, pendant les huit dernières années de sa vie, fut atteint d'un déséquilibre nerveux qui l'empêchait de dormir presque chaque nuit. C'est pendant ses dernières années que Wiertz conceva une nouvelle façon d'aborder l'art. Il croyait que les humains ne pouvaient pas observer plusieurs oeuvres d'arts de suite sans se lasser. Il croyait dur comme fer que pour vraiment déguster l'art, il fallait présenter aux spectateurs plusieurs branches des arts en même temps, soit par exemple, observer des tableaux en écoutant de la musique ou regarder une pièce de théâtre dans laquelle des tableaux d'artistes seraient utilisés comme décor.
Wiertz mourut le 18 juin 1865, alors
que sa maladie nerveuse se transforma en véritable folie. Dans son
délire, qui dura des heures, il voyait des cadavres s'affaisser
sur lui et l'étouffer. Finalement, sa folie le tua.