Salvador Dalí

1904-1989


Construction molle avec haricots bouillis -Prémonition de la guerre civile, 1936
Huile sur toile, 100,1 x 99,1 cm
Philadelphia Museum of Art

 

 

Né à Figueras, Salvador Dalí apprend les techniques académiques à l’école des Beaux-Arts de Madrid, et rencontre Luis Buñuel et Federico García Lorca. D’abord influencé par le futurisme au début des années vingt, puis par le cubisme, il épouse à partir de 1929 la cause du surréalisme, après avoir fait la connaissance, à Paris, de Pablo Picasso, de Joan Miró et surtout de Paul Eluard et d’André Breton. Ses toiles de l’époque relèvent cependant encore de la "peinture métaphysique", où se mêlent à la psychanalyse les recherches picturales de Max Ernst, d’Yves Tanguy ou encore de René Magritte et de Giorgio De Chirico.

Autoportrait au cou de Raphaël, 1921
Huile sur toile
60 x 57 cm
Patrimoine de l'État espagnol
Autoportrait cubiste,
vers 1922-1923
Gouache et collage sur carton
104,7 x 74,3 cm
Patrimoine de l'État espagnol

 

Dalí et le surréalisme

Appareil et main, 1927
Huile sur panneau
62,2 x 46,3 cm
Collection de Mr & Mrs Reynolds Morse
Apparition d'un visage et d'un compostier sur une plage, 1938
Huile sur toile
115,8 x 114,9 cm
Wadsworth Atheneun, Hartford (Connecticut)

L’activité picturale de Dalí pendant cette période surréaliste est effrénée : tandis que l’artiste expérimente sa "méthode paranoïaque-critique" alimentée par son imagination délirante et la lecture de Freud, sa peinture traite avec obsession de ses fantasmes sur le mode de "l’objectivation critique et systématique des associations et interprétations délirantes". Castration, putréfaction, voyeurisme s’exposent donc dans des images oniriques où des objets de la vie quotidienne sont représentés sous des formes inattendues (montres molles), anamorphoses ou trompe-l’œil (Jeu lugubre, 1929; Persistance de la Mémoire, 1931).

Il produit aussi des objets et des poèmes (Femme visible, 1930), et écrit deux scénarios pour Buñuel (Un chien andalou, 1928; l’Âge d’or, 1930).

Cependant, la méthode paranoïaque dalínienne, exacerbée par un culte de la personnalité toujours plus en quête de spectaculaire et de provocation (admiration d’Hitler, puis ralliement à Franco, attrait pour l’argent) apparaît de plus en plus en contradiction à la fois avec l’éthique et avec l’automatisme surréalistes.

Son travail s’oriente progressivement, à partir de 1936, vers un réalisme académique, sous-tendu par un constant délire déformant et macabre (le Grand Paranoïaque, 1936). Dalí travaille son image, devient l’archétype du surréaliste, tout en rompant définitivement avec le groupe en 1939.

 

Le mythe dalínien

Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade une seconde avant l'éveil.
Huile sur toile, 1944
Corpus Hypercubius, ou Crucificion, 1954
Huile sur toile,
195,6 x 125,2 cm
Metropolitan Museum of Art, New York

Dalí s’installe la même année aux États-Unis, où il vit jusqu’en 1948. À son retour en Espagne, il multiplie les coups d’éclat publicitaires et les déclarations fracassantes, épouse en 1958 Gala, qui fut la femme d’Eluard, rencontrée en 1930. Sa peinture, malgré une intense production, se renouvelle surtout grâce à une brillante maîtrise technique. Elle s’inspire de diverses sources classiques, de thèmes religieux (Christ de saint Jean de la Croix, 1951; Crucifixion, 1954), ou de pratiques plus contemporaines, comme le pop art ou l’action painting.

Outre de très nombreuses peintures et lithographies, il aborde la sculpture en 1965, réalise des dessins de bijoux et crée des décors et des costumes pour le théâtre.

Deux grandes rétrospectives ont été consacrées de son vivant à son œuvre : en 1970-1971 au musée Boymans-Van Beuningen de Rotterdam, puis en 1979-1980 au Centre Georges-Pompidou à Paris. En 1974, Dalí crée son propre musée à Figueras, où il meurt en 1989.