Portrait du Fayoum

L'Européenne


 

120-130
Antinoopolis
Encaustique sur bois, 42 x 24 cm Paris, Musée du Louvre (Inv. P. 217)
Parlasca 139


Ce splendide portrait, qui exprime les charmes d'une très jeune et très jolie femme, aux traits délicats typiquement européens, est l'un des plus précieux du genre. La diminution irrégulière des côtés à hauteur des épaules, par une entaille dégradée, indique clairement la fonction originelle de la peinture: orner le haut d'une momie, dont elle épouse le contour extérieur. Il faut noter la large feuille d'or qui recouvre la poitrine et le cou du modèle. Il ne s'agit pas - comme on l'a cru longtemps - d'un pectoral: le revêtement d'or avait plutôt une valeur quasi "magique", puisque des vertus de conservation qui devaient empêcher le processus de décomposition post mortem étaient attribuées à ce métal noble inaltérable. L'usage amplement répandu d'appliquer des masques d'or sur le visage des momies repose sur la même conception, mais ici une telle ressource aurait interdit toute reconnaissance de l'identité de la défunte. On s'est donc limité aux parties avoisinantes. Des photographies aux rayons X ont révélé la richesse des colliers, dont plusieurs chaînes entrecroisées sur la poitrine; ils laissent libre la grande broche ovale, au centre, avec l'émeraude enchâssée.
Les cheveux, strictement peignés et tirés en arrière, étaient probablement ramassés en une tresse couronnante, maintenue par la grande épingle d'or qui est clairement visible au sommet de la tête.