Reconstitution d'un intérieur
de maison patricienne à Pompéi
(National Geographie Society)
Nous nous faisons
une idée de la maison romaine (domus)
daprès celles de Pompéi!; pourtant, toutes ne
possédaient pas le même charme.
Le type ancien,
étrusco-italique, comprend une entrée étroite (fauces)
débouchant sur la salle principale (latrium)
dont le plafond comporte une ouverture (compluvium)!;
un bassin situé au-dessous (impluvium)
recueille leau de pluie, qui va dans une citerne!;
à larrière de latrium souvrent le tablinum,
sorte de bureau, une salle à manger (triclinium),
des chambres à coucher (cubicula)
et sur les autres côtés, une cuisine (culina)
ainsi que des pièces de service.
La maison a
souvent un étage et un petit jardin (hortus).
Les pièces du rez-de-chaussée situées sur la rue
peuvent servir de boutiques. Ces aménagements sont
reconnaissables dans une grande demeure aristocratique
construite sur le Palatin, à Rome, à la fin du VIe siècle
av. J.-C. et déjà dotée dun système pour
évacuer les eaux usées.
Les maisons
posséderont souvent des salles de bains et des latrines.
À la fin de la
République, la maison romaine devient plus complexe et
plus luxueuse. Des colonnes apparaissent dans
latrium, où elles soutiennent les angles et
parfois les bords de louverture du toit. Derrière
latrium sinstalle une cour à péristyle, qui
renferme un jardin et autour de laquelle sagencent
de nouvelles pièces, dont la plus importante, loecus,
est largement ouverte. Éventuellement, un deuxième
jardin sétend au-delà, et la maison se développe
aussi en largeur.
La décoration
senrichit. La peinture et leau jouent un
grand rôle. On prend pour modèles les maisons
hellénistiques et parfois les palais!; cest le cas
de la maison du Faune, construite au début du IIe siècle et
décorée à la fin, la plus grande (3 000 m2) des magnifiques
maisons concentrées dans la région de Pompéi. La
grande mosaïque de la Bataille
dAlexandre qui sy
trouvait contribuait à évoquer une résidence
princière.
Les belles
demeures de la capitale montrent un esprit différent. La
partie où le maître reçoit ses clients se développe!;
les peintures contribuent à en faire un cadre
impressionnant en montrant de grands monuments,
éventuellement des architectures palatiales.
Il a existé,
outre les maisons particulières, des immeubles à
étages (insulae),
parfois six, malgré des limitations à trois ou quatre,
construits en béton et en brique, dont les
propriétaires louaient les appartements. Ils furent
nombreux à Ostie et à Rome même. On estime que 90% des
habitants vivaient dans 45 000 maisons de
rapport, où ils souffraient de la saleté, du bruit, de
la chaleur et du froid.
Palais et villas
Auguste, le
premier empereur
(7 av. J.-C.-14 apr. J.-C.), habitait
une maison simple sur le Palatin!; les empereurs suivants
feront édifier des palais. La Maison
dorée de Néron (Domus
Aurea) présente déjà une grande
complexité, avec une vaste salle à manger, mais
larchitecte Rabirius construisit pour Domitien
(80-90 apr. J.-C.), sur le Palatin, le premier
palais véritablement impérial, digne dun seigneur
et dun dieu!; il sarticulait en une partie
résidentielle, la Domus Augustana,
et une partie officielle, la Domus
Flavia, qui réunissait un vaste
triclinium, une imposante salle du trône et une
basilique. On trouvait aussi des cours, des fontaines,
des loggias, un jardin. Septime Sévère y ajouta un
nymphée grandiose, le Septizodium
(203 apr. J.-C.). La basilique
de Trèves appartenait au palais de
Constantin (v. 310 apr. J.-C.).
Les villas,
résidences de plaisance, construites par de riches
Romains, à la périphérie des villes ou au bord de mer,
évoquent, encore mieux que les maisons, un certain art
de vivre.
Ce sont des
propriétés avec des parcs, des lacs, des grottes, des
tombeaux, des thermes, etc.
Les empereurs ont
également fait aménager des retraites, ou simplement
des résidences, répondant à leurs aspirations
personnelles. La villa Hadrien
(118-134 apr. J.-C.), près de Tibur (Tivoli),
est justement célèbre; elle regroupait des bâtiments
raffinés, parfois énigmatiques, dont les plus admirés
pour leur originalité et la virtuosité qui sy
déploient sont le Théâtre
maritime, la Place
dor et la colonnade entourant
le bassin du Canope.
Dautres ensembles rappellent les villas
aristocratiques, en plus somptueux, comme celui édifié
par Maxence au bord de la Via Appia, près de Rome,
ou encore la résidence de lempereur Dioclétien,
dans laquelle il se retira après avoir abdiqué
(305 apr. J.-C.), à Split (Croatie), au bord
de la mer Adriatique.