Les premiers
théâtres romains datent de la fin de la République. Le
théâtre romain est un édifice compact constitué de
trois parties, les gradins (cavea),
lorchestra,
en demi cercle, et lédifice scénique; les acteurs
évoluent sur une scène basse devant un mur très orné (frons
scenae).
Les théâtres
peuvent être implantés en terrain plat, car les gradins
ne sétablissent pas sur une pente naturelle, comme
dans les théâtres grecs, mais sur des substructions
voûtées. Pour les concerts, les Romains disposaient
dun bâtiment couvert, lodéon.
Lamphithéâtre
(littéralement "théâtre en rond"), destiné
aux chasses et aux combats de gladiateurs, se compose
dune arène et de gradins elliptiques!; certains
aménagements, comme les cages des fauves, se trouvent en
sous-sol. Lamphithéâtre de
Pompéi
est lun des plus anciens (70 av. J.-C.);
le plus imposant, le Colisée de Rome
(70-80 apr. J.-C.), peut accueillir environ
50 000 spectateurs. Ces bâtiments très
représentatifs de la civilisation romaine se rencontrent
dans tout lempire!; le théâtre de Sabratha en
Libye (180 apr. J.-C.) et lamphithéâtre
dEl Djem en Tunisie (début du IIIe siècle
apr. J.-C.) retiennent lattention.
Il en va de même
pour le stade et lhippodrome, appelé cirque!; la spina,
sorte de longue base portant divers éléments, marque
laxe de la piste autour de laquelle tournent les
chars!; les gradins sincurvent à une extrémité.
Le palais de Maxence, à Rome, offre un bon exemple de
cirque (512 m sur 81-85 m!; début du IVe siècle
apr. J.-C.). Il existait aussi des bassins pour les
batailles navales.
Le
Colisée
Vue extérieure
Le
Colisée
Vue intérieure
Thermes
Les thermes
apparaissent particulièrement représentatifs de la
civilisation romaine. Il sagissait
détablissements de bains, mais, au-delà de
lhygiène, ils favorisaient le sport,
lépanouissement du corps et de lesprit,
ainsi que la vie sociale; par ailleurs, ils offrent une
démonstration brillante des capacités techniques des
Romains.
Après des débuts
simples, des thermes déjà luxueux sont construits à
Pompéi
à la fin du IIe siècle av. J.-C. ainsi que
de grands thermes publics installés à Rome par Agrippa
vers 25-19 av. J.-C.
Aux thermes de
Néron, à Rome (vers 52 apr. J.-C.), apparaît
le plan appelé à devenir caractéristique des thermes
impériaux, qui se multiplient dans la capitale et dans
les villes de lempire (Trèves, Lutèce). Sur
laxe de lensemble se succèdent les
principaux locaux liés au bain : piscine (natatio),
bains froids (frigidarium),
bains tièdes (tepidarium),
bains chauds (caldarium),
bordés de salles de chauffe. De part et dautre,
sagencent deux ensembles symétriques qui
comprennent lun et lautre une entrée, un
vestiaire (apodyterium),
une grande cour à péristyle sur laquelle donnent de
petites pièces, la palestre, sorte de gymnase. Des
salles de conférences, des bibliothèques, des musées
complètent ces ensembles qui bénéficient de progrès
techniques sous Trajan (98-117 apr. J.-C.) et
connaissent un développement spectaculaire sous Septime
Sévère (début du IIIe siècle
apr. J.-C.). Les réalisations tardives occupent des
surfaces énormes 11 ha pour les thermes
de Caracalla, à Rome, achevés en
216 apr. J.-C.!; 14 ha pour ceux de
Dioclétien (298-306 apr. J.-C.) ,
étonnent par la hardiesse de leurs voûtes, ainsi que la
richesse des mosaïques et des sculptures qui les
décorent. Naturellement, les thermes privés, et bien
des établissements publics, navaient ni cette
ampleur, ni cette complexité.
Larchitecture
de leau comprend aussi dinnombrables
fontaines; on distingue les nymphées, fontaines
monumentales parées dun important décor!; Hérode
Atticus avait construit à Olympie un nymphée (IIe siècle
apr. J.-C.) décoré des statues des membres de la
famille impériale et de celle de sa femme, Annia
Regilla.
Marchés et boutiques
Des marchés (macellum,
pluriel macellums ou macella),
et parfois de véritables centres commerciaux,
complétaient le forum; ce sont, en général, des places
bordées de colonnades; les matériaux ou des pavillons,
comme à Leptis Magna, leur confère un aspect luxueux.
La porte du
marché de Milet (170 apr. J.-C.) avait une
riche façade inspirée des théâtres. Les marchés de
Trajan, aménagés par Apollodore de Damas sur les pentes
du Quirinal, à Rome, formaient un luxueux hémicycle
concave à deux étages darcades au-dessus du
forum.
Par ailleurs, des
boutiques (tabernae)
installées au rez-de-chaussée des maisons, et, le cas
échéant, associées à des ateliers, bordaient les rues
de toute la ville. On visite à Pompéi la boulangerie de
Modestus, latelier du fabricant de draps Verecundus
qui a gardé lenseigne publicitaire peinte sur sa
façade, etc. Les bars (thermopolia)
étaient nombreux.