L'art de propagande
- On cherche à glorifier l'empire.
- On place des arcs de triomphe et des colonnes pour commémorer des victoires importantes.
- Des scènes narratives en relief les décorent.
Arcs de triomphe
- Limportance du décor dans les arcs de triomphe conduit à les rattacher à la sculpture, ainsi que dautres formes de monuments honorifiques et commémoratifs pourtant construits.
- Leurs fonctions symboliques étaient mises en valeur par des cérémonies complexes.
- Les premiers arcs honorifiques, offerts par la famille du dédicataire, remontent à lépoque républicaine; à cheval sur des voies particulières, ils portaient des statues de dieux ou celle du personnage honoré, ainsi élevé au-dessus de lhumanité ordinaire.
- À lépoque impériale, larc honore lempereur ou un général de lentourage impérial; sa forme se complique et devient plus monumentale.
- On assimile aux arcs de triomphe les arcs simplement honorifiques et les portes en forme darcs. Larc triple offre un passage secondaire de chaque côté du passage central.
- Différents éléments soulignent les articulations de la structure ou la décorent : entablement, colonnes, frontons, niches; des caissons décorent les voûtes. Un attique surmonte lensemble, sorte de socle qui pouvait porter une inscription dédicatoire, des statues et, souvent, le char triomphal.
- Le monument présente également des reliefs utilisés comme un moyen de propagande.
- Ils rappellent le triomphe du destinataire et ses exploits militaires (batailles, reddition des vaincus), mais aussi, parfois, des circonstances propres à illustrer ses qualités morales.
- Ce dernier aspect est accentué sous Hadrien, administrateur plutôt que conquérant; valeureux et pieux, il affronte des bêtes sauvages à la chasse, célèbre des sacrifices.
- Les distributions au peuple sont importantes à la fin de lAntiquité; lempereur représente la Providence. Des allégories, victoires, saisons, génies, etc. concourent à montrer la puissance de lempereur et de lempire.
- Comme les thèmes, le style varie avec le temps. Nombre des arcs érigés à Rome et à travers lempire sont toujours debout. Larc de Suse (8 av. J.-C.) montre lintroduction des colonnes et de lentablement réalisée sous Auguste. À Rome, celui de Titus (80-85 apr. J.-C.), un arc à baie unique, est célèbre pour ses reliefs qui figurent, dans un savant style illusionniste hérité de la Grèce, le triomphe du vainqueur des Juifs, avec les porteurs des butins parmi les dépouilles se trouve le grand chandelier du temple de Jérusalem. Au sommet, Titus apparaissait dans un char tiré par quatre éléphants.
- Celui de Septime Sévère (Severus ), (203 apr. J.-C.), à louest du Forum, présente, sur ses façades à colonnes, un décor allégorique traditionnel, mais dans les passages latéraux, des images des campagnes contre les Parthes, dans un style populaire, brutal et expressif.
- Quant à larc de Constantin, édifié entre 312 et 315 apr. J.-C., il incorpore des morceaux de monuments de Trajan, dHadrien et de Marc Aurèle, de style varié, autant pour mettre en lumière la durée et la continuité de lempire que par économie. Sur les reliefs nouveaux, de conception simple, Constantin combat contre Maxence et procède à une distribution au peuple de Rome.
- À travers les arcs provinciaux sexprime la cohésion de lempire. Larc dOrange (15 av. J.-C. ou 25 apr. J.-C.), lun des premiers exemples à trois baies, porte deux attiques superposés et un décor darmes et de trophées. Sur larc quadrifront offert à Septime Sévère et à sa famille, à Leptis Magna (206-209 apr. J.-C.), une frise relate la visite de lempereur dans sa ville natale. Un arc quadrifront fut aussi élevé pour Galère, à Thessalonique (297-305 apr. J.-C.), sa résidence!; lespace central était couvert dune coupole!; lindifférence au cadre, le haut-relief, les contrastes, la conception symbolique, qui caractérisent la représentation des victoires sur les Perses, anticipent sur le Moyen Âge.
De nombreux arcs subsistent encore. Il faut mentinner celui d'Auguste.
Les colonnes commémoratives
- Certains monuments honorifiques romains consistent en une colonne ou un groupe de colonnes , surmontée de la statue du personnage honoré.
- Les colonnes des empereurs atteignent une richesse et un format exceptionnel!; la plus remarquable est la colonne historiée installée par larchitecte Apollodore de Damas sur le Forum de Trajan, à Rome où on la voit aujourdhui, portant la statue de saint Pierre.
La colonne trajanne
- La colonne trajane (113-117 apr. J.-C), en marbre, a un diamètre de 3,80 m, une hauteur de 33 m et de 40 m avec la base.
- Elle est creuse et abrite un escalier, tandis quune frise sculptée longue de 200 m senroule en spirale ascendante autour du fût.
- Elle retrace dans lordre chronologique les campagnes de Trajan contre les Daces (en Roumanie actuelle).
- Les épisodes choisis senchaînent, seulement séparés par des arbres et, pour chacun, le cadre est indiqué en détail : le champ est entièrement occupé par des constructions, des éléments naturels, parmi lesquels les personnages évoluent à différents niveaux. Le spectateur suit le récit en tournant autour du monument; le retour de certains motifs, notamment lempereur et ses proches, facilite sa lecture. La base devait renfermer les cendres de Trajan; la colonne constitue son monument funéraire. Elle sélevait entre deux bibliothèques, qui évoquent limmortalité prodiguée par les Muses, et en face du temple consacré après sa mort à lempereur divinisé.
D'autres colonnes
- Une colonne de granit lisse sur une base à reliefs fut dressée sur le champ de Mars en lhonneur dAntonin, mort en 161 apr. J.-C., et de Faustine. Mais la colonne aurélienne, érigée par Commode (180-192 apr. J.-C.) pour Marc-Aurèle, reprend le principe de la colonne trajane pour retracer ses guerres contre les barbares, dans un style toutefois schématique et rude. Les colonnes à reliefs implantées sur lhippodrome de Constantinople par Théodose et Arcadius, autour de 400 apr. J.-C., témoignent du prestige durable de ce type de monuments et du renouvellement de liconographie sous linfluence du christianisme.
Les statues et bustes d'empereurs
- On fait des statues de l'empereur qui sont de véritables portraits au niveau du visage, mais qui reprennent les canons de la sculpture grecque pour le corps.
- Les portraits sont conservés en grande quantité.
- Le format va de la miniature au colossal!; la tête de la statue de Constantin érigée dans la basilique du Forum (312-315 apr. J.-C.) mesure avec le cou 2,60 m.
- Les matériaux sont également divers : terre cuite, marbre blanc destiné à être peint , porphyre pour les statues dempereurs, bronze, métaux précieux, etc. Domitien exigeait des statues en or ou en argent.
- Les types eux-mêmes varient bustes, statues en pied, assises, à cheval, etc. , ainsi que la présentation et la fonction : par exemple, les temples abritent des statues de culte dempereurs!; sur une place se dressent des statues honorifiques offertes par des gens reconnaissants à leurs bienfaiteurs privés et publics.
- Les portraits des empereurs jouaient des rôles multiples et le prince imposait limage de lui-même quil avait choisie.
- Lidentification des personnages illustres est facilitée par le rapprochement avec les monnaies et les monuments, également ornés de portraits. Une effigie anonyme peut être datée daprès son costume, sa barbe, sa coiffure, reflétant ainsi des modes successives bien répertoriées.
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